RDC : Kinshasa relance l’offensive contre le M23 sur plusieurs fronts
Kinshasa a intensifié ses opérations militaires contre les rebelles de l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon des sources locales et sécuritaires, des milices appuyées par l’armée congolaise et des frappes de drones ont mené, mercredi 25 janvier, des attaques coordonnées sur plusieurs positions rebelles dans la province du Nord-Kivu, notamment dans le territoire de Masisi.
D’après ces sources, les forces pro-gouvernementales ont notamment pris le contrôle de la localité de Kazinga, située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Rubaya. Cette zone est stratégique en raison de la présence d’un important complexe minier produisant entre 15 % et 30 % du coltan mondial, un minerai essentiel à l’industrie électronique.
Frappe de drones près de Rubaya
La veille, des combattants du M23 auraient été touchés par une frappe de drone à proximité de la cité minière de Rubaya, selon un responsable du groupe armé et des sources sécuritaires. Le site minier de Rubaya, qui s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, est sous contrôle du M23 depuis avril 2024.
Le mouvement y tirerait des revenus significatifs grâce à une taxation sur la production et le commerce des minerais, d’après des experts des Nations unies.
« Au centre de Rubaya, c’est la psychose, je suis allé voir l’endroit où le drone a bombardé, mais on nous a refusé l’accès », a déclaré mardi à l’AFP un habitant sous couvert de l’anonymat.
L’AFP indique ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante le bilan de la frappe, dans un contexte marqué par la fuite de l’administration locale et des organisations de la société civile face à l’avancée du M23, ainsi que par la coupure du réseau téléphonique dans la zone.
Par ailleurs, des combats ont également été signalés mercredi dans les territoires de Fizi et de Kalehe, situés dans la province voisine du Sud-Kivu, selon des sources locales.
Un cessez-le-feu déjà fragilisé
L’Angola avait proposé à Kinshasa et aux rebelles du M23 — soutenus par Kigali selon plusieurs rapports internationaux — de respecter un cessez-le-feu à partir du 18 février. Toutefois, les deux camps se sont mutuellement accusés d’avoir violé la trêve dès vendredi, et l’intensité des combats a de nouveau augmenté au cours du week-end dans les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
